Les assesseurs du 28 au coeur d’un EPE 

Dans le cadre de la formation des assesseurs d’Eure et Loir, Marie-Elisabeth Fischbach, membre du conseil d’administration de la FNAPTE a organisé la visite de l’E.P.E. (Etablissement de Placement Educatif) de la rue Salomon du Cos à Paris, le dernier de la capitale.

Accueillis par le Directeur de l’établissement autour d’un buffet convivial, les assesseurs ont pu  rencontrer toute l’équipe   de cet établissement qui a accueilli 28 jeunes de 15 à 18 ans en 2015. Certains sont restés quelques jours, d’autres plusieurs mois.  Cet EPE peut accueillir garçons et filles. Ces jeunes viennent d’Eure et Loir mais aussi de la région Parisienne. Mineurs non accompagnés (MNA), mineurs en danger, mules de passeurs de stupéfiants, mineurs à l’identité falsifiée, ils sont placés dans ce centre sous ordonnance pénale.

 

Un placement de rupture.  Ces jeunes doivent d’abord oublier, lâcher prise, se reposer… pour mieux se ressourcer. Rompre avec leur milieu familial ou avec la rue car très souvent leur parcours d’errance les a fragilisés.

A leur arrivée, un bilan de santé est immédiatement réalisé. Les soins adaptés peuvent alors être entamés s’ils s’avèrent nécessaire, comme les soins dentaires. Un bilan scolaire est également effectué avant la mise en place d’un programme adapté et personnalisé pour chaque adolescent. Aucun ne présente en effet un parcours identique pouvant expliquer sa situation.  L’EPE doit diversifier ses formes d’actions et de propositions.

 

Les équipes de l’EPE  -éducateurs, psychologue, maîtresse de maison, cuisinier- travaillent avec les jeunes en se fixant toujours pour objectif un projet de réinsertion.  Ces jeunes doivent très souvent réapprendre -voire apprendre- la vie sociale, sans quoi nulle insertion n’est possible. Ce travail peut se faire en coopération avec les familles, mais trop souvent, elle est inexistante, absente.

Le rapport à l’acte pour lequel le jeune arrive là est posé. Il doit travailler sur la question pour tenter de comprendre et d’expliquer son comportement.

 

Un comportement moral mais aussi physique. Car à cet âge, l’aspect physique a son importance pour permettre à chaque jeune d’avoir une meilleure image de lui. C’est vrai chez les filles, ce l’est tout autant chez les garçons. Au sous-sol de l’établissement un véritable salon de beauté les accueille pour traiter leur acné, leurs problèmes dermatologiques, améliorer leur coiffure… Se sentir bien dans sa peau, prendre soin de soi permet aussi une reconnaissance plus facile à l’extérieur.

L’EPE ne constitue qu’un passage. En 2015, si 8 jeunes ont fugué, 8 autres ont retrouvé leur famille. 5 jeunes ont été placés en foyer d’hébergement, 3 ont bénéficié d’une semi autonomie… 3 autres -au final un sur neuf-  ont été incarcérés.

Se sentir bien, c’est aussi exister… A la fin de cette visite, riche en informations très concrètes, l’un des jeunes a voulu montrer « SA » chambre.  Une chambre à lui… Il n’en avait jamais eu auparavant.

 

PJN